Le Groupe d’Etudes et de Recherche sur la Démocratie et le Développement Economique et Social au Burkina Faso en abrégé GERDDES-Burkina est une représentation nationale du GERDDES-Afrique. Le GERDDES-Burkina a été créé en 1992. Comme son nom l’indique, c’est une organisation de la société civile qui contribue à la consolidation du processus démocratique en vue de promouvoir la paix et d’améliorer le développement économique et social.

Sur le terrain, le GERDDES-Burkina a opté pour la recherche-action. Ainsi, après moult réflexions sur divers thèmes relatifs à la démocratie et la tenue de multiples ateliers au niveau national, l’accent a été mis sur la démocratie participative qui a l’avantage d’embrasser tous les aspects de la gouvernance et de mieux saisir nos domaines d’intervention. En effet, par rapport à la démocratie représentative et à la démocratie directe, la démocratie participative se présente comme un système mixte dans lequel le peuple délègue son pouvoir à des représentants qui proposent et votent des lois, mais conserve cependant le pouvoir de se saisir lui-même de certaines questions. Elle prend davantage en compte les préoccupations des populations avec l’appropriation comme élément central.

Pour mieux cerner le sujet, le GERDDES-Burkina a mis en œuvre un projet pilote de quatre ans (1er juillet 2012-30 juin 2016) intitulé « Contribution à la consolidation de la démocratie participative dans douze communes de cinq régions du Burkina Faso » dans douze provinces du Burkina Faso avec l’appui technique et financier de Diakonia.

Ces communes ont été choisies parmi 23 communes autres où le taux de participation aux élections municipales de 2006 était particulièrement bas par rapport à la moyenne générale qui était de 49,12%.

  • Les communes rurales de Ziga (34,28%) et de Mané (33,61%) dans la province du Sanmatenga ;
  • La commune rurale de Gaongo (35,36%) dans la province du Bazega ;
  • La commune rurale de Bougnounou (35,36%) dans la province du Ziro ;
  • Les communes rurales de Nandiala (30,31%) dans la province du Boulkiemdé ;
  • Les communes rurales de Pa (35,59%) et de Bana (35,97%) dans la province des Balés ;
  • Les communes rurale de Sanaba (36,02%) et urbaine de Solenzo (29,07%).dans la province des Banwas ;
  • Les communes rurales de Karangasso-Vigué(26,94%) , de Karangasso-Sambla (33,49%) et de Péni (28,11%) dans la province du Houet.

L’exécution de ce projet a été facilitée par l’adoption de la communalisation intégrale en 2006 comme système de gouvernance ; système par lequel le Burkina Faso a ainsi opté pour la démocratie participative en tant que processus d’impulsion du développement à la base. En cela il va dans le même sens que la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de janvier 2007 qui recommande « la nécessité pour les Etats de promouvoir la création des conditions nécessaires pour faciliter la participation des citoyens, la transparence, l’accès à l’information, la liberté de presse et l’obligation de rendre compte de la gestion des affaires publiques ».

L’outil utilisé par le GERDDES-Burkina est le Cadre Unitaire d’Action (CUA) mis en place dans chacune des douze communes. Le CUA joue le rôle d’une société civile de proximité. Il est constitué d’associations/groupements locaux actifs officiellement reconnus et de personnes physiques qui sont les autorités coutumières et religieuses. Les associations/groupements sont représentés par leurs premiers responsables. Le CUA est dirigé par un Comité de pilotage de trois personnes dont au moins une femme. Pour un fonctionnement harmonieux de la structure, il a été recommandé de ne pas dépasser vingt (20) membres maximum

Les objectifs spécifiques du projet consistent à :

  • amener les populations à voter librement et massivement leurs dirigeants aux élections à venir et à connaître leurs droits et devoirs en matière de gouvernance locale ;
  • faire prendre en compte les préoccupations des femmes et des jeunes au plan politique et socio-économique.

Les principaux résultats attendus sont :

  • le taux d’inscription sur les listes électorales et le taux de participation aux votes s’améliore ;
  • les administrés sont informés sur les affaires de la commune ;
  • les autorités respectent le devoir de redevabilité ;
  • le civisme fiscal et l’écocitoyenneté sont effectifs ;
  • les femmes et les jeunes sont pris en compte dans les listes de candidatures et occupent des postes de responsabilité ;
  • les préoccupations des femmes et des jeunes sont inscrites dans les plans communaux de développement (PCD) les plans annuels d’investissement communaux (PAIC) et les budgets communaux.

Les activités menées se sont articulées autour des axes ci-après :

  • information pour l’appropriation du projet par les acteurs impliqués
  • journées bilan pour les comptes rendus sur la gestion annuelle
  • journées d’interpellation des autorités locales par les femmes et les jeunes
  • organisation de travaux communautaires (commune propre, commune verte etc.)
  • plaidoyers autour de préoccupations ponctuelles.
  • sensibilisation et communication pour un changement de comportement ;

Le projet prenant fin le 30 juin 2016, une évaluation interne a eu lieu le 6 mai 2016 dans une des salles de conférence de l’ABMAQ. La synthèse des principaux résultats obtenus par les 12 CUA apparaissent ci-dessous :

  • Augmentation régulière du nombre d’inscrits aux élections et accroissement du taux global de participation par rapport à 2006
  • 2006 (municipales) : nombre d’inscrits = 101 284 ; taux de participation = 32,86% ;
  • 2012 (municipales) : nombre d’inscrits = 103 945 ; taux de participation = 74,65% ;
  • 2015 (législatives) : nombre d’inscrits = 133 515 ; taux de participation = 54,76% ;
  • 2016 (municipales) nombre d’inscrits = 135 924 ; taux de participation = 44,64%

Meilleur participation à la gestion des affaires de la commune se manifestant par :

  • La participation à sessions des Conseils municipaux ;
  • La facilitation pour la création de cadres de concertation et de cadres ad hoc de dialogue ;
  • La facilitation pour la tenue de journées bilans ;
  • Les visites des chantiers prévus par les Plans Annuels d’Investissements Communaux (PAIC) ;
  • L’organisation de journées d’interpellation des autorités communales par les femmes et les jeunes ;
  • L’organisation de travaux communautaires telles que les opérations ‘’communes propres’’ et ‘’communes vertes’’.

Réaction positive des populations aux actions de sensibilisation et d’information
Le regain du civisme fiscal avec pour conséquence l’augmentation des recettes dans certaines communes ;
La fréquentation accrue des structures sanitaires.